L’excision, une pratique contraire aux droits humains

Sunrise _Pixabay

H., une jeune femme subsaharienne, arrive à la permanence, recommandée par une ancienne bénévole de Scarabée. Elle nous apprend qu’elle a été excisée mais n’a aucun souvenir de cette acte, phénomène d’amnésie traumatique bien connu.

H. nous raconte le calvaire de cette mutilation génétique, ses souffrances lors des rapports avec son mari âgé, qu’elle a été obligée d’épouser dans son pays et qu’elle n’aime pas. Heureusement, ajoute-t-elle, elle n’a pas eu d’enfant avec lui.

H. était opposée à l’excision, elle l’a dit à sa famille qui l’a considérée comme une rebelle. C’est pour échapper à cette situation qu’elle a fui son pays.

Nous apprenons qu’elle est suivie par une femme médecin qui lui a proposé une réparation. Évidemment, H. espère que cela sera possible. « Je souffre terriblement et je ne suis plus une femme », nous confie-t-elle. Peu de temps après, elle nous informe qu’une intervention est programmée pour quelques semaines plus tard. Après son intervention, la jeune femme nous annonce qu’elle est en convalescence, que c’est douloureux, mais que ça va. Heureuse pour elle, nous lui proposons de la revoir après l’été.

En septembre, H. fait une demande d’asile. Le souvenir de son excision lui est revenu en mémoire, elle pense qu’elle avait une dizaine d’années et que c’est sa grand-mère qui l’a excisée, comme souvent. H. risque beaucoup trop si elle est renvoyée dans son pays, une nouvelle excision, voire la mort, car elle est maintenant une impure et s’est opposée à la tradition.

Le 25 décembre, elle nous contacte pour que nous prenions connaissance de la réponse de l’Ofpra. L’organisme lui a accordé la protection internationale, statut « réfugiée » ! Quel beau cadeau de Noël !

Pour rappel, l’excision est strictement interdite en France. Toute personne qui la pratique, y compris les parents en rentrant au pays avec leur fille pour les vacances, peut être poursuivie.