
La mise en place à l’été 2025, par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), de la plateforme d’apprentissage en ligne Frello, isole chaque fois davantage les apprenants, supprimant tout espace de sociabilité.
Auparavant, les personnes étaient orientées, selon leur niveau, vers des formations linguistiques d’une durée de 100, 200 ou 400 heures. Désormais, seuls les étrangers ne sachant pas du tout parler français, jamais scolarisés et nécessitant une formation de 600 heures, ont accès à des cours en présentiel.
Certes il y avait beaucoup à redire sur l’efficacité des formations proposées, mais de là à les remplacer par un dispositif d’apprentissage hors-sol, sans aucune interaction avec des formateurs, exigeant des compétences numériques, une bonne connexion, un équipement matériel dont beaucoup ne disposent pas… Est-ce bien raisonnable, alors même qu’un effort d’intégration est exigé pour la délivrance d’un premier titre de séjour ?
Relèvement des exigences d’un côté, dégradation du service public de l’autre. Ne restent plus que les associations comme Scarabée et ses bénévoles…
Et quand on sait que l’Unesco évalue à 3000 heures de formation le temps d’apprentissage nécessaire à une personne non ou peu scolarisée antérieurement pour atteindre un niveau A2 (savoir lire et écrire), la tâche est gigantesque !

